Le totémisme peut être défini comme une sorte de lien mystique entre les hommes et les animaux. Depuis les phases les archaïques de l'existence humaine, l'homme et la femme possèdent une affinité mystérieuse et ancestrale avec une espèce animale donnée, avec qui ils partagent un rapport fraternel.

Ce test vous propose de découvrir votre animal totem en tant qu'esprit gardien à travers leur symbolique issue de cultures différentes et de leurs caractéristiques issues des observations éthologiques récentes.
Votre expérience vous a déjà peut être amené à sentir une affinité avec un animal en particulier. Que ce soit par des rêves, l'imaginaire, l'intuition, votre alter ego animal s'est peut être déjà révélé. Ce test ne servira alors qu'à confirmer cette correspondance. Toutefois seuls huit animaux gardiens sont pour l'instant représentés mais le test va évoluer, s'enrichir et s'affiner dans le temps.

Bienvenue sur le Test Animal Totemtest animal totem

Test développé et illustré par Jacques Julien


Aux origines de l’animal totem : L’ère où hommes et bêtes ne faisaient qu’un

Le terme « totem », issu de la langue algonquine (ototeman signifiant « il est de ma famille »), porte en lui une cosmogonie entière.

Aux temps mythiques,  l’« ère du rêve » des Aborigènes australiens, les frontières entre humain et animal n’existaient pas encore. Tout était fluide, en devenir. Les héros totémiques, créatures hybrides mi-hommes mi-bêtes, façonnèrent alors le monde. Ils établirent l’ordre cosmique, les lois sociales, la civilisation elle-même.

Chez les Dieri d’Australie centrale, naître c’est hériter. Du rat, de la chauve-souris au corbeau, le totem maternel vous marque à vie, dicte vos interdits : impossible de manger « sa » bête car ce serait du cannibalisme symbolique, ou d’épouser quelqu’un du même clan. Ce serait de l’inceste.

Les anthropologues se sont longtemps déchirés sur le sens de tout cela. Connexion mystique au sacré ? Pragmatisme alimentaire, comme le pensait Malinowski, l’homme choisissant les animaux les plus utiles ? Ou simple système de classification intellectuelle, comme l’affirmait Lévi-Strauss, qui contestait même l’existence du totémisme comme phénomène unifié ?

Peu importe la théorie. Le fait demeure : partout, l’homme a placé l’animal à l’origine de son existence.

Pawakan, Manitou, Nagual : Quand l’animal totem vous choisit

Le totémisme individuel établit une relation personnelle entre l’homme et son animal protecteur. Appelé manitou chez les Indiens d’Amérique du Nord, nagual au Mexique, ou pawakan chez les Cree, cet esprit gardien se manifeste généralement lors de visions obtenues après des épreuves initiatiques rigoureuses : isolement, jeûne, privations.

Dès quatorze ans, les jeunes se retirent en forêt pour provoquer cette rencontre sacrée. Imaginez vous seul dans la forêt boréale canadienne, vous jeûnez depuis des jours. Le froid mord. La faim creuse. Vous attendez. Vous espérez. Et soudain, dans le rêve qui finit par venir, il apparaît.

Votre pawakan. Votre esprit gardien.

Pour les Cree, ce moment scelle un destin. L’ours vous choisit ? Vous pourrez guérir les maladies, affronter les monstres cannibales witiko. Un carnivore vous adopte ? Vous deviendrez un chasseur redoutable. Cette créature onirique n’est pas une simple vision, c’est l’animal réel qui vit dans la forêt, votre frère spirituel désormais.

Dans les moments difficiles, l’animal répond toujours. Cette alliance défie notre logique occidentale : on peut tuer son animal tutélaire. Il se sacrifie volontiers, disent les Cree. Il apprécie même les cadeaux en retour : tabac, couteaux, vêtements.. Mais une règle absolue persiste : les tuer vite sans les faire souffrir, les respecter comme on se respecte soi-même.

Ailleurs, les rituels diffèrent. Au Yucatán, on déposait les nouveau-nés dans un temple nocturne pour voir quel animal totem viendrait les « visiter ». En Indonésie, paradoxe total : la première chose à faire après avoir reçu la vision de son nyarong ? Tuer un individu de cette espèce. Ce meurtre unique scellait l’alliance.

Chez les Indiens d’Amérique du Nord, l’initiation peut durer des semaines. Le grizzly laisse parfois des traces tangibles (une touffe de poils, une griffe) que l’initié conservera toute sa vie dans son sachet-médecine. Puissant, le grizzly convoité mais dangereux aussi, imprévisible. Les femmes Athapaska évitent même les grizzlys morts, terrorisées à l’idée de se transformer en ourses.

L’animal totem modernisé

Nous croyons avoir échappé à ces « superstitions primitives » alors que ce n’est pas du tout le cas.

La relation entre scientifiques et animaux étudiés, ou entre maîtres et animaux domestiques, révèle des mécanismes similaires.

L’éthologue choisit son sujet d’étude selon des affinités personnelles inconscientes, mêlant savoir objectif et participation émotionnelle. Le choix d’un sujet de recherche n’est jamais neutre. L’affinité précède souvent la science.

Plus évident encore : nos animaux de compagnie. Cette « affinité élective » qui nous pousse vers un chien dynamique ou un chat solitaire n’est-elle pas une forme de totémisme domestique ? Le berger allemand devient signe de sécurité, le chat siamois emblème de raffinement. Les maîtres finissent par ressembler à leurs bêtes ou l’inverse.

Et que dire des loups tatoués sur les biceps, des aigles sérigraphiés sur les blousons ? Ces animaux inaccessibles, sauvages, constituent notre héraldique moderne. Sans qu’on n’explicite rien, chacun décode : force, liberté, férocité.

Le totémisme n’a pas disparu.

Il s’est urbanisé, psychologisé, modernisé comme mon test disponible sur cette page. Mais le besoin reste intact : trouver dans le regard d’une bête le reflet de ce que nous sommes ou rêvons d’être. 

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