Le village de Roussillon, perché sur une colline au cœur du Luberon est niché au sein du plus important gisement d’ocre au monde. Ses paysages aux teintes flamboyantes, déclinées en plus de 24 nuances allant du jaune doux et tendre au rouge brun intense, lui ont valu le surnom poétique de « Colorado provençal », une appellation qui rend hommage à la splendeur de ses ocres, rappelant les grands espaces américains tout en affirmant une identité provençale unique. Classé parmi les plus beaux villages de France, il offre depuis ses hauteurs un panorama exceptionnel sur le Luberon et les monts de Vaucluse.
Cette beauté singulière est le fruit d’une histoire géologique profonde. Il y a cent millions d’années, au pied des Alpes, les fonds marins recevaient d’épais dépôts de sables chargés de silicate de fer. À la fin du Crétacé, le climat devint tropical : les sables émergés se solidifièrent, leur charge minérale se transforma en argile pure et en hydroxyde de fer, et leur couleur passa du vert au rouge. C’est ainsi que naquirent les ocres naturelles du Vaucluse.
L’exploitation industrielle de ce trésor débuta bien plus tard. L’histoire de l’ocre dans la région commence en 1780 quand Jean-Etienne Astier, un natif du coin, devient le premier fabricant d’ocre et entreprend de l’exporter dans le monde entier, faisant ainsi de l’ocre du Luberon une référence mondiale. Dès le XVIIIᵉ siècle, Roussillon devient un important centre de production de pigments utilisés dans la peinture et le textile, et les carrières environnantes, avec leurs roches aux teintes rouges et dorées, façonnent l’identité visuelle du village. L’exploitation ne cessera progressivement que dans les années 1990, face à l’essor des teintures synthétiques, laissant derrière elle un patrimoine naturel et historique exceptionnel.
L’ocre elle-même est un pigment naturel d’oxyde de fer sur de l’argile friable, dont l’usage remonte à la nuit des temps. Dès la préhistoire, il colorait déjà les parois des grottes. Non-toxique et d’une remarquable stabilité, ce matériau continue d’être utilisé en maçonnerie, décoration et beaux-arts. Pour comprendre cette relation entre Roussillon et son patrimoine, le Conservatoire des Ocres, installé dans l’ancienne usine Mathieu à deux kilomètres du village, retrace l’histoire de l’exploitation de ce pigment naturel et propose ateliers créatifs et visites guidées.
Au-delà de son esthétique, Roussillon a su préserver son âme : le village abrite de nombreuses galeries d’art et ateliers d’artistes, attirés par la lumière et les couleurs exceptionnelles de la région. Le beffroi, l’église Saint-Michel et les vestiges de l’ancien château offrent des points de vue imprenables sur les environs. Les visiteurs peuvent également parcourir le sentier des Ocres, un parcours aménagé dans les anciennes carrières à ciel ouvert, jalonné de panneaux explicatifs sur la géologie, la flore et l’histoire de l’exploitation, proposant deux boucles de 30 à 50 minutes selon le temps disponible.
Certaines des photos ont été prises sur le fameux sentier des ocres (très touristique) qui vous conduit au milieu des cheminées de fées. Ces grandes « sculptures » sont modelées aléatoirement par les eaux de pluie et le vent. J’ai fait les autres près des falaises du Val des Fées dans un coin plus reculé et très difficile d’accès car laissé par les propriétaires dans un « état naturel ». D’ailleurs les touristes ne sont pas autorisés à venir visiter ce site magnifique, ce qui crée des tensions dans la commune.
Merci à Alain Daumen (ancien maire de Roussillon) qui m’a permis d’accéder à cet endroit. J’ai utilisé un appareil photo Fujifilm XT-20 et un objectif Fujinon XF 35mm F2.
Je rajouterai bientôt d’autres photos mais vous pouvez déjà commander des tirages des photos ci-dessus.
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